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Fin des puffs jetables au Maroc en 2026 : la nouvelle réglementation bouleverse le marché

Normes, puffs, nicotine, taxe et marquage fiscal : les textes accessibles et ce que Vape.ma constate à l’importation. Réservé aux adultes.

Illustration de la réglementation des puffs jetables au Maroc en 2026 avec une puff barrée, un pod rechargeable, le drapeau marocain et des symboles de loi et de coûts

Les normes techniques deviennent obligatoires en février 2026 et l’extension du marquage fiscal prend effet en janvier. La TIC forfaitaire de 50 DH par cigarette électronique jetable, indépendante de sa contenance, remonte, elle, à 2025.

Pour comprendre leurs effets, il faut distinguer les textes publiés, les exigences rencontrées lors des importations et les observations commerciales. Vape.ma, détaillant et importateur à Meknès, présente ici ces trois niveaux d’information. Notre expérience éclaire les difficultés concrètes, mais ne constitue pas une enquête représentative du marché marocain.

Quelles règles ont changé en 2026 ?

L’arrêté du ministre de l’Industrie et du Commerce n° 1701-25 du 3 juillet 2025, publié au Bulletin officiel n° 7432 du 21 août 2025, rend des normes obligatoires après un délai de six mois, soit en février 2026.

Son annexe vise notamment NM 08.8.250 pour les cigarettes électroniques, NM 08.8.251 pour les e-liquides et NM 08.8.252 pour les émissions. NM 08.8.130 concerne les sachets de nicotine. Le texte renvoie à l’IMANOR pour consulter les normes. Il ne publie pas leurs spécifications détaillées. Source : Bulletin officiel, page 2385.

Il faut donc éviter d’attribuer à cet arrêté, pris isolément, une liste de limites qu’il ne reproduit pas. Les valeurs ci-dessous sont celles rencontrées dans nos propres procédures d’importation.

Puffs, nicotine et flacons : les limites rencontrées à l’importation

Produit ou caractéristique Exigence rencontrée par Vape.ma
Puff jetable Contenance maximale de 2 ml
Concentration en nicotine des produits concernés Maximum de 20 mg/ml
Flacon contenant un e-liquide nicotiné Contenance maximale de 10 ml

Ces observations concernent nos dossiers. Elles ne remplacent pas la lecture des normes applicables à chaque catégorie et ne suffisent pas à trancher le statut de tous les modèles, assemblages ou stocks déjà commercialisés.

Les formats nicotinés de 30 ml ou davantage et les concentrations de 40 ou 50 mg/ml sont directement concernés par les limites que nous avons rencontrées. En revanche, la limite de 10 ml rapportée ici concerne les flacons contenant de la nicotine : nous ne l’étendons pas automatiquement aux liquides à 0 mg/ml. L’absence de nicotine ne dispense pas pour autant un produit de toute exigence de conformité.

Un appareil rechargeable n’est pas forcément remplissable

Deux caractéristiques sont souvent confondues : la possibilité de recharger une batterie et celle de remplir un réservoir. Une puff peut disposer d’un port USB tout en restant destinée à être remplacée une fois son liquide épuisé. À l’inverse, un système réutilisable peut fonctionner avec des cartouches préremplies ou avec une cartouche à remplir.

Dans nos opérations, des pods vides et remplissables dépassant 2 ml ont été acceptés à l’importation. Nous ne pouvons donc pas présenter la limite constatée pour les puffs comme une interdiction automatique de tous les réservoirs de plus de 2 ml.

« Tous les pods sont limités à 2 ml » : sur quelle base ?

Certaines publications présentent cette limite comme une règle générale, y compris pour les cartouches vides à remplir. À ce stade, nous n’avons pas identifié de disposition originale accessible établissant cette généralisation. Les publications examinées ne citent pas la clause précise qui la justifierait.

Notre expérience apporte un élément concret : des pods vides et remplissables de plus de 2 ml ont été acceptés dans nos procédures d’importation. Présenter leur interdiction comme acquise, sans préciser la catégorie visée et la référence applicable, risque donc d’induire les lecteurs en erreur.

Toute affirmation d’une limite universelle devrait s’accompagner du numéro de la norme, de sa version et de la clause concernée. Nous ne prétendons pas qu’aucune source ne puisse exister : nous constatons que cette généralisation n’est pas étayée par les éléments examinés. L’acceptation de nos dossiers ne constitue pas davantage une autorisation générale pour tous les modèles.

Fiscalité et marquage : deux sujets distincts des normes techniques

La loi de finances n° 60-24 pour 2025 a instauré une TIC de 50 DH par cigarette électronique jetable, applicable à partir du 1er janvier 2025. Cette TIC forfaitaire s’applique par cigarette électronique jetable, indépendamment de sa contenance. La loi a également prévu l’extension, au 1er janvier 2026, du marquage fiscal lors de la mise à la consommation, notamment aux liquides de recharge, aux jetables et aux substituts nicotiniques sans tabac. Source : article 5, Bulletin officiel, pages 2976–2977.

Dans nos opérations d’importation, nous constatons également une TIC de 1 DH par millilitre de liquide nicotiné, en plus des 50 DH par dispositif jetable. À titre d’exemple, une jetable contenant 20 ml de liquide nicotiné représente ainsi 50 + 20 = 70 DH de TIC, hors autres droits, taxes et frais applicables.

Cet exemple explique uniquement le calcul fiscal. Il ne signifie pas qu’une cigarette électronique jetable de 20 ml est autorisée à l’importation : les exigences techniques et de conformité restent distinctes.

Ces dates ne doivent pas être confondues avec février 2026. Le paiement d’une taxe ne prouve pas qu’un produit respecte toutes les exigences techniques. De même, une marque fiscale ne constitue pas, à elle seule, une certification de sécurité.

Le traitement d’un stock antérieur exige une vérification de sa situation et des dispositions applicables. Nous ne déduisons ni une exemption générale des anciens stocks, ni leur interdiction automatique de ces seuls repères.

Pourquoi parlons-nous de la « fin » économique des puffs ?

Dans les procédures que nous avons connues, la limite de 2 ml ferme la voie aux grandes contenances qui attiraient auparavant une partie de notre clientèle. Les petits formats, eux, restent confrontés à la TIC forfaitaire de 50 DH par dispositif jetable, indépendante de sa contenance, ainsi qu’aux autres droits, taxes et frais applicables.

Selon notre observation commerciale, cette combinaison réduit fortement l’intérêt de ces formats pour les clients habitués aux grandes puffs. Une contenance de 2 ml implique un remplacement plus fréquent qu’une grande contenance, à consommation de liquide comparable. Elle ne permet toutefois pas de promettre un nombre fixe de jours ou de bouffées.

C’est dans ce sens économique que nous employons le mot « fin » : une offre peut rester techniquement possible tout en devenant difficile à vendre à un prix acceptable pour sa clientèle habituelle.

Nasty DX2K : un exemple affiché à 150 DH

Lors de notre consultation du 17 septembre 2026, le Nasty DX2K Caramel Tobacco 20mg était affiché à 150 DH TTC sur nasty.ma. Il s’agit d’un prix relevé pour une référence précise, susceptible d’évoluer, et non d’une moyenne du marché. Source : fiche du produit.

Vape.ma cite le DX2K parmi les rares références qu’elle observe dans cette transition et rapporte un intérêt limité de sa propre clientèle pour ce type d’offre à ce niveau de prix. Cette appréciation commerciale ne mesure pas les ventes nationales de Nasty.

La version du Nasty DX2K que nous avons personnellement essayée est un modèle de 2 ml, selon notre expérience directe chez Vape.ma. Cette précision provient de notre équipe : la fiche en ligne consultée ne renseigne pas la contenance en millilitres. Elle ne doit pas être généralisée à toutes les versions éventuellement commercialisées sous ce nom.

Ce modèle illustre le type de petit format dont nous parlons. Nous ne le présentons toutefois ni comme l’unique référence conforme au Maroc, ni comme un produit dont nous aurions audité l’ensemble des obligations fiscales et techniques.

La fiscalité et la conformité contribuent aux coûts des produits concernés, mais nous ne disposons pas de la décomposition du prix de ce modèle pour attribuer ses 150 DH à ces seuls facteurs.

Analyses : les coûts et délais observés par Vape.ma

Dans nos démarches de conformité, nous avons constaté les montants suivants :

Catégorie concernée Montant d’analyses observé
E-liquides 37 800 DH
Dispositifs électroniques 17 000 DH

Ces montants décrivent notre expérience, pas un tarif national. Ils ne doivent pas être interprétés comme un prix par flacon, par appareil ou comme un forfait systématiquement identique pour chaque importation. Leur comparaison avec un autre dossier nécessite de connaître les essais et les références couverts, ainsi que le traitement des taxes sur la prestation.

Nous avons également observé des délais d’analyse d’environ 10 à 20 jours, avec parfois des frais supplémentaires de magasinage. Cette durée n’est ni un délai réglementaire garanti, ni nécessairement la durée totale du dédouanement.

Pour une entreprise, l’effet est double : des dépenses de contrôle s’ajoutent au dossier, et les sommes déjà engagées restent immobilisées avant la vente. Le coût supporté par chaque produit dépend ensuite du nombre d’unités auquel ces dépenses peuvent effectivement être rattachées. Une dépense fixe répartie sur une petite quantité pèse davantage par unité.

Le respect des obligations d’importation, de fiscalité et de conformité a un coût. Lorsqu’une chaîne d’approvisionnement évite certaines de ces obligations, elle peut bénéficier d’un avantage de coût sur les opérateurs qui les supportent.

L’expression « vente au noir » recouvre cependant des situations différentes. Un détaillant non déclaré peut, par exemple, revendre un produit sur lequel des taxes ont été acquittées en amont. À l’inverse, une offre en ligne bien présentée ne prouve pas à elle seule la régularité de l’approvisionnement. Le tableau suivant compare des mécanismes possibles, sans qualifier un vendeur particulier.

Poste de comparaison Circuit respectant les obligations applicables Circuit évitant certaines obligations
Droits et taxes Acquittés par l’opérateur concerné ou intégrés au prix d’achat en amont Certaines sommes exigibles peuvent ne pas être acquittées ; cela dépend du circuit
Contrôles et analyses requis Dépenses supportées directement ou répercutées dans le prix Dépenses potentiellement évitées si les contrôles sont contournés
Immobilisation des marchandises Les contrôles peuvent prolonger les délais Certains délais peuvent être évités, sans garantie d’un approvisionnement plus rapide
Magasinage lié aux contrôles Frais supplémentaires possibles Une partie de ces frais peut être évitée ; les autres frais logistiques subsistent
Traçabilité Justificatifs d’approvisionnement et de conformité pertinents Documents potentiellement absents ou incomplets
Prix et marge Doivent absorber les charges effectivement supportées Une économie de coût peut financer un prix inférieur ou une marge brute supérieure

La comparaison doit porter sur le même niveau de la chaîne commerciale. Un détaillant qui achète à un distributeur peut supporter indirectement les taxes dans son prix d’achat, sans les verser lui-même à la douane.

Exemple chiffré : vendre moins cher tout en conservant la même marge

Simulation entièrement fictive : les montants ci-dessous ne sont ni des prix relevés, ni un barème fiscal, ni les comptes de vendeurs réels. On compare deux détaillants vendant une unité comparable. Leurs coûts d’approvisionnement respectifs intègrent les charges définitivement supportées, hors TVA récupérable. Pour isoler le mécanisme, les recettes de vente sont également comparées hors TVA éventuelle à reverser.

On suppose que le circuit B procure une économie d’approvisionnement de 30 DH liée à des obligations évitées en amont. Cette hypothèse sert uniquement à expliquer le calcul ; elle ne chiffre pas une économie réelle observée au Maroc.

Pour une unité A : circuit régulier B : obligations évitées, même prix B : obligations évitées, prix réduit
Coût d’approvisionnement retenu 100 DH 70 DH 70 DH
Recette de vente comparable 120 DH 120 DH 90 DH
Écart vente moins approvisionnement, avant autres charges 20 DH 50 DH 20 DH

Dans cette simulation, B peut vendre à 90 DH au lieu de 120 DH tout en conservant le même écart de 20 DH avant les autres charges. À prix de vente identique, cet écart atteint 50 DH. C’est ainsi qu’une différence de coûts peut exercer une pression concurrentielle sur le circuit régulier.

Ces écarts ne sont pas des bénéfices nets. Le loyer, les salaires, les frais de paiement, les invendus, les retours et les autres charges restent à déduire. Les risques et pertes éventuels du circuit irrégulier ne sont pas chiffrés dans cet exemple. Un chiffre d’affaires supérieur ne garantit pas davantage un profit supérieur.

Enfin, un prix bas n’est pas une preuve de fraude. Des achats en volume, une promotion, une marge réduite ou une distribution plus courte peuvent aussi expliquer un prix inférieur. La situation d’un vendeur ne se déduit pas de son tarif.

Pourquoi trouve-t-on encore des grandes puffs dans certaines offres ?

Nous continuons d’observer, en boutique et en ligne, des offres affichant des caractéristiques apparemment incompatibles avec les limites appliquées à nos importations.

Cette observation a des limites : une fiche visible ne prouve ni la disponibilité réelle, ni une importation récente, ni le statut administratif du produit. Elle ne permet pas davantage d’établir son origine ou l’acquittement des taxes.

Nous ne disposons pas d’éléments suffisants pour identifier les circuits d’approvisionnement de ces offres, attribuer une responsabilité ou mesurer le volume national des produits concernés. Leur situation exige un examen des références, des lots et des justificatifs.

L’enjeu reste concret pour les professionnels : comment assurer que des produits comparables supportent effectivement les obligations qui leur sont applicables ? Cette question de traçabilité peut être posée sans désigner de responsable en l’absence de preuves.

Les clients passent-ils automatiquement aux systèmes remplissables ?

Dans notre activité, la transition n’a pas été automatique. Certains clients ont accepté un système réutilisable ; d’autres sont restés attachés à leurs habitudes.

Selon notre estimation interne, moins de 30 % des clients concernés auraient adopté une solution rechargeable auprès de Vape.ma. Il s’agit d’une estimation commerciale interne, et non d’un taux mesuré dans une étude représentative. Elle ne mesure pas ce que ces clients ont éventuellement acheté ailleurs. Il ne représente donc pas un taux de conversion national.

Un appareil remplissable peut répondre aux besoins de certains utilisateurs, mais son intérêt dépend aussi de son coût initial, des consommables, de l’entretien et des préférences de chacun. Présenter cette transition comme acquise masquerait une partie des difficultés rencontrées par les commerçants.

Étiquetage et traçabilité : que vérifier ?

L’IMANOR indique que ces normes couvrent notamment la composition, la sécurité, l’étiquetage, les mises en garde et les méthodes d’essai. Sa communication publique ne fournit toutefois pas les prescriptions détaillées. Source : communication de l’IMANOR.

Avant un achat, il est utile de demander l’identification précise du produit, sa contenance, sa concentration en mg/ml, la référence du lot et l’identité du vendeur. Pour un professionnel, ces informations doivent être rapprochées des documents d’approvisionnement et de conformité pertinents.

Ces vérifications pratiques ne constituent pas une liste exhaustive des mentions légalement obligatoires. Nous ne reproduisons pas de modèle d’étiquette ou de formule d’avertissement présentés comme réglementaires sans avoir vérifié les prescriptions correspondantes.

Questions fréquentes

Toutes les puffs sont-elles interdites au Maroc en 2026 ?

Les textes examinés ici ne permettent pas de conclure à une interdiction générale de tous les dispositifs jetables. Notre expérience porte sur des exigences de caractéristiques techniques et de conformité, qui doivent être examinées produit par produit.

Tous les pods sont-ils limités à 2 ml ?

Nous ne pouvons pas l’affirmer. Des pods vides et remplissables de plus de 2 ml ont été acceptés dans nos procédures. Cela ne préjuge pas du traitement de tous les réservoirs ou des cartouches préremplies.

La limite de 10 ml concerne-t-elle les liquides sans nicotine ?

La limite rencontrée dans nos dossiers concerne les flacons nicotinés. Elle ne suffit pas à établir une limite identique pour le 0 mg/ml, ni à garantir la conformité de tous les grands formats sans nicotine.

Une marque fiscale suffit-elle à prouver la conformité ?

Non. Les obligations fiscales et les exigences techniques sont distinctes. Le marquage ne remplace pas l’examen des caractéristiques et des justificatifs du produit.

Un produit bon marché est-il nécessairement introduit illégalement ?

Non. Un prix, une photographie ou une fiche commerciale ne suffisent pas à établir le statut douanier d’un produit ou à accuser un vendeur.

Les anciens stocks peuvent-ils encore être vendus ?

Nous ne disposons pas, dans les éléments vérifiés pour cet article, d’une base suffisante pour donner une réponse générale. La date d’importation ne suffit pas à elle seule : les dispositions transitoires éventuelles et la situation du lot doivent être vérifiées.


Méthode : cet article distingue les textes officiels accessibles du retour d’expérience de Vape.ma. Les limites de 2 ml, 20 mg/ml et 10 ml rencontrées à l’importation, l’acceptation de certains pods vides de plus de 2 ml, les montants de 37 800 et 17 000 DH, les délais de 10 à 20 jours, l’estimation inférieure à 30 % et les observations d’offres commerciales reposent sur les informations de notre entreprise. Ils n’ont pas fait l’objet d’un audit indépendant dans le cadre de cet article. L’appréciation du faible intérêt de notre clientèle pour les petits formats à 150 DH relève également de notre observation. Le prix de 150 DH du Nasty DX2K cité a été relevé sur sa fiche commerciale ; la contenance de 2 ml de la version essayée est rapportée par notre équipe, et non établie à partir de cette fiche. La conformité complète du modèle n’a pas été auditée ici. Le texte intégral des normes IMANOR n’a pas été consulté pour cette synthèse.

Sources documentaires

Vente réservée aux adultes ayant l’âge légal au Maroc. Vape.ma est exploitée par VAPEXA SARL AU, Meknès.

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